Utiliser la 3D pour détecter des stress (biotiques et abiotiques) sur la vigne

A partir d’images de drones, des chercheurs chinois et australiens ont généré une reconstitution 3D d’un vignoble et ont montré qu’il était possible d’identifier certains stress biotiques ou abiotiques à partir de ces données. La technologie utilisée, la photogrammétrie par drone, est mature depuis plusieurs années mais l’approche consistant à se concentrer sur le volume en trois dimensions de la végétation pour identifier des stress est plutôt originale et semble prometteuse. Les résultats de ce papier montrent ainsi des résultats intéressants dans l’évaluation automatique de dégâts de gel ou la détection de pieds manquants. L’estimation du volume de végétation pourrait ainsi être une source d’information intéressante et certainement complémentaire de celles déjà existantes (observations terrain, NDVI, etc.) dans le suivi et le pilotage de cultures pérennes comme la vigne.

DSM_viticulture

Retrouvez l’article ici : https://www.researchgate.net/profile/Sigfredo_Fuentes/publication/310606524_Digital_surface_model_applied_to_unmanned_aerial_vehicle_based_photogrammetry_to_assess_potential_biotic_or_abiotic_effects_on_grapevine_canopies/links/5841e6c708ae2d2175614b82.pdf

 

Des GPS plus précis pour les smartphones ?

Une entreprise américaine a présenté un GPS pouvant déterminer sa position à 30 cm près. Avec le RTK disponible aujourd’hui donnant une précision de 2 à 3 cm, cette nouvelle pourrait ne pas paraître intéressante. Cependant ce composant est sous la forme d’une puce qui lui permet de s’intégrer parfaitement aux smartphones. Une caractéristique qui peut s’avérer utile pour de multiples usages en agriculture. En effet, des applications mobiles de collecte de données terrain utilisent la position GPS. Mais celle-ci n’est actuellement pas assez précise (5 à 10 m) lorsqu’il s’agit de repérer un pied de vigne par exemple. On attend donc avec impatience l’arrivée de cette puce qui devrait équiper certains smartphones dès l’an prochain.

Pour en savoir plus, c’est par ici !

John Deere investit dans l’Intelligence Artificielle

John Deere vient d’acquérir la société californienne Blue River Technology, spécialisée dans les outils de Deep Learning au service du désherbage de précision.

Le Deep Learning, ou apprentissage profond est une nouvelle façon de structurer et les réseaux de neurones artificielles, dans le but de permettre de prendre des décisions complexes à partir d’un apprentissage sur des jeux de données immenses. Ce sont ces technologies qui sont utilisées par les algorithmes récents de traduction automatique ou par les véhicules autonomes.

Plus de détails sur :

http://www.frenchweb.fr/le-fabricant-de-tracteurs-john-deere-rachete-pour-305-millions-de-dollars-une-agritech-ai/301818

ou

https://www.deere.com/en/our-company/news-and-announcements/news-releases/2017/corporate/2017sep06-blue-river-technology/

La Chaire AgroTIC publie son troisième bulletin de veille !

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Le bulletin de veille du mois d’août 2017 vient de sortir. Il recense les actualités concernant l’agriculture numérique des deux derniers mois.
Retrouvez le, ainsi que les précédents, sur le site de la chaire ou télécharger le directement ici.

N’hésitez pas à le diffuser autour de vous !

Expérience brésilienne sur l’utilisation d’outils numériques pour l’analyse des chantiers de vendange

Le Brésil est un pays viticole récent. Jusqu’à aujourd’hui, la plupart des opérations y sont réalisées manuellement. 100 % des surfaces sont récoltées manuellement alors qu’environ 1/4 du vignoble est conduit en vue de faciliter la mécanisation. Le passage à la vendange mécanisée devient une nécessité dans ce pays qui n’a qu’une faible expérience dans ce domaine. Il est donc nécessaire de conduire des expérimentations pour étudier la rentabilité de cet itinéraire et l’impact sur la vendange et la plante dans les conditions particulières du Brésil. Afin d’acquérir des références dans ce domaine, une équipe de scientifiques de l’université de Madrid a proposé de mener une expérimentation in situ, dans un vignoble commercial à l’aide d’outil numérique (GPS, Notebook, etc.). Ce travail vient d’être publié dans une revue scientifique. Les outils numériques y sont utilisés pour comparer les chantiers de vendange mécanisé et manuel sur les aspects temps de travaux, arrêt de chantier, temps de manœuvre, impact sur la vendange, pertes, etc. On pourra lire les conclusions de l’article, mais il méritait d’être mentionné pour l’objectivité et l’exhaustivité des informations apportées seulement par la localisation de la machine dans un contexte original d’analyse, de retour critique et de propositions d’amélioration. A ce titre, les auteurs proposent des indicateurs basés sur le temps et le déplacement de la machine qui permettent de faire une typologie des interruptions de chantier. Ils distinguent en particulier les arrêts de chantier pouvant être améliorés soit par une meilleure organisation ou une meilleure maintenance. Ces indicateurs pourront être améliorés dans l’avenir, mais ils montrent l’intérêt des outils numériques pour extraire facilement des indicateurs d’évaluation de chantier objectifs.

Résumé : Grape harvest is still fully manual in the majority of farms in Brazil (above 99%), yet the structure of the fields and the vine trellis are already prepared for being mechanized in a 24% of the cases. Besides, only the large-size farms are prepared for performing a detailed analysis of working capacity, product quality and losses; data of great value when trying to quantitatively address the incorporation of machinery. The fact that grape harvest in South America (and South Africa) be complementary in season compared to Europe, or North America, makes this potential market of Brazil an interesting option for European manufacturers. In this work, we have supervised a whole grape harvest season, in a 552 ha farm, where both, mechanical (trailed) and manual harvest, are performed. Harvest performance is assessed by means of digital field notebooks and using georeferenced data, Differential Global Positioning System (DGPS). A large variety of incidences have been found for the mechanized procedure due mainly to a deficient maintenance of the equipment, being reflected in a clearly reduction of the work capacity. Also in this study an analysis of juice losses due to mechanized harvest is performed. The quantitative features are defined and have been compared to evaluate the difference among both procedures, together with a technical discussion in the prospective of the grape (harvest) mechanization in the near future in Brazil.

Références : Valente da Costa Neto, W., Garrido Izard, M., & Barreiro Elorza, P. (2017). First steps in the grape mechanization process in Brazil: quantitative features. CIGR Journal.

Le points sur les méthodes d’estimation du besoin en eau des cultures

Rare sont les articles scientifiques qui font le point sur l’état des recherches et des applications relatives aux méthodes d’estimation du besoin en eau des cultures. La publication récente de cet état de l’art publié dans la journal computers and electronics in agriculture par des chercheurs de l’université de McGill (Canada) mérite à ce tire d’être mentionné. Toutes les méthodes actuellement disponibles et/ou en cours de développement y sont mentionnées, qu’elles reposent sur la mesure de paramètres climatiques, sur des mesures directes (plante ou sol), sur des mesures indirects (thermographie, réflectance), etc. Le gros intérêt de l’article est de proposer un point assez complet sur les différents indices de télédétection proposés dans la littérature, leur signification, leurs limites  et les conditions d’application pour caractériser le besoin des cultures en eau. Certains indices permettent de mettre en évidence des stress (susceptibles d’être hydriques) tandis que d’autres tendent à estimer la teneur en eau (qui ne correspond pas nécessairement à un état hydrique). Les conclusions des auteurs mettent en évidence l’intérêt des informations indirectes (indices) fournies par la télédétection (proxi, drone, aérienne ou satellitaire), les indices aujourd’hui disponibles constituent une source d’information utile pour proposer des observations pertinentes sur les besoins en eau des cultures. Toutefois les auteurs soulignent les limites de ces informations lorsqu’elles sont utilisées seules. Ils concluent sur la nécessité de proposer des approches combinant indices issus de la télédétection avec des réseaux d’observation terrain pour développer des systèmes d’aide à la décision pertinents. Autre limite identifiée par les auteurs : les spécificités locales (sol, climat, espéces cultivées, objectif de production, itinéraires, etc.) propres à l’agriculture qui nécessiteront des approches particulières région par région et culture par culture. Une limite peu abordée par les auteurs reste toutefois le temps de revisite de certaines solutions qui ne permet pas d’effectuer un suivi régulier des cultures à un prix raisonnable.

résumé : In order to meet the demand for increased global food production under limited water resources, implementation of suitable irrigation scheduling technique is crucial, particularly in irrigated basins experiencing water stress. Optimizing water use in agriculture requires innovations in detection of plant water stress, at various stages of the growing season to minimize crop physiological damage, and yield loss. Remotely sensed plant stress indicators, based on the visible and near-infrared spectral regions, have the advantage of high spatial and spectral resolutions, low cost, and quick turnaround time. This paper outlines recent developments in monitoring crop water stress, for scheduling irrigation, some of the constraints experienced, and future research needs.

référence : Ihuoma, S. O., & Madramootoo, C. A. (2017). Recent advances in crop water stress detection. Computers and Electronics in Agriculture141, 267-275.

Agriculture de précision : Témoignage d’un agriculteur

Une vidéo courte, de 5 minutes, dans laquelle Rémi Dumery nous présente l’utilisation qu’il a au quotidien des outils d’agriculture de précision et comment ils l’aident à piloter son exploitation de manière plus durable. Rémi Dumery soulève notamment l’enjeu de l’interopérabilité qu’il identifie comme l’un des freins à l’adoption.

Une vidéo à regarder :

Utilisation de l’aggrozouk en culture maraîchère

Au delà d’un nom que l’on associerait volontiers à un genre musical antillais, l’aggrozouk est en réalité une sorte de tracteur à pédale permettant de travailler sa parcelle en ayant tous ses équipements à portée de main. On est à mi-chemin des robots de type Naïo (dont on retrouve un peu le format), mais en conservant une intervention humaine. Comme dit dans l’article de la Manche Libre de cette semaine, cela se prête plus à des exploitations de petite taille.

http://www.lamanchelibre.fr/actualite-360977-insolite-manche-ce-maraicher-bio-utilise-l-aggrozouk-un-drole-de-tracteur-a-pedales

Une application de la Blockchain (chaîne de blocs) en agriculture

blockchain

Sources : http://www.agroconnect.nl/LinkClick.aspx?fileticket=RHAnY8gnoEY%3D&tabid=2339&portalid=10

La blockchain (chaîne de blocs) est une technologie qui fait actuellement parler d’elle. Beaucoup d’experts s’accordent sur le caractère révolutionnaire de cette technologie qui pourrait impacter beaucoup de domaines, en particulier lorsqu’il s’agit de transactions financières ou d’échange de données.  Les chaînes de blocs pourraient également impacter certains domaines et en particulier l’agriculture. Les exemples de chaînes de blocs concernent aujourd’hui surtout les échanges financiers (crypto monnaies), il existe peu d’application dans d’autres domaines et il est par conséquent difficile d’imaginer comment cette technologie pourrait révolutionner certaines organisations. Aussi, toute application des chaînes de blocs dans le domaine agricole mérite d’être mentionnée afin de mieux en cerner le potentiel. L’objectif de ce billet est de partager un exemple de chaîne de Blocs appliqué à l’agriculture. Cette application a été présentée par des chercheurs Hollandais lors du congrès EFITA qui s’est tenu à Montpellier SupAgro du 3 au 5 Juillet 2017.

Les chercheurs hollandais ont proposé un démonstrateur de blockchain (basé sur hyperledger) pour la gestion de la certification des produits agricoles en se basant sur l’exemple du raisin de table. On pourra voir la présentation du cas d’utilisation ici. Le démonstrateur permet de gérer l’émission, le suivi et la validation des certificats de conformité par rapport à un cahier des charges de production. Il s’agit d’une chaîne de blocs privée pour laquelle seuls les acteurs impliqués ont les droits de consultation et de modification nécessaires. L’accès aux informations et la modification/ajout est possible pour les producteurs, les émetteurs/contrôleurs des certificats, l’organisme certificateur, le grossiste, l’acheteur final, etc.

Selon les auteurs les avantages que ce démonstrateur a permis de mettre en avant sont les suivants :
– transparence : tous les acteurs de la filière peuvent consulter les informations en temps réel, toutefois, ce seul avantage ne permet pas de justifier l’intérêt de la blockchain par rapport à une plateforme collaborative classique,
– transversalité et confiance : c’est l’un des plus gros intérêt mis en avant par les auteurs, en effet, la blockchain permet d’éviter la centralisation des informations qui sous-tendrait un pouvoir d’un acteur qui détiendrait de facto le serveur et la base de donnée associée (avec le pouvoir ultime d’arrêter le serveur et de supprimer ou de modifier les données à l’insu des autres acteurs). La blockchain, en dupliquant l’information chez l’ensemble des acteurs, permet d’éviter tout monopole de l’information, il permet également d’éviter tout acte de malveillance ou de vandalisme sur les données.

Parmi les limites mises en évidence par les auteurs :
– évolutivité de la blockchain : il semble que ce soit l’un des points difficiles à mettre en oeuvre techniquement,
– les difficultés techniques relatives à la mise en oeuvre, cette limite étant liée aux outils aujourd’hui disponibles mais pourrait être amenée à évoluer rapidement dans le futur.

Des satellites pour surveiller les invasions de criquets

Des scientifiques de l’Agence spatiale européenne (ESA) et des spécialistes du criquet pèlerin de l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont annoncé, le 14 juin, la création d’une nouvelle imagerie satellitaire pour anticiper les invasions acridiennes, c’est-à-dire les invasions de criquets. Ils ont établi des modèles qui, en fonction des données reçues par les satellites (notamment l’humidité du sol), permettent de prédire un regroupement de criquets jusqu’à deux mois à l’avance.
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