Pléiades Neo, une nouvelle constellation de satellites d’observation de la Terre à très haute résolution.

A partir de 2020, Airbus va déployer 4 nouveaux satellites pour compléter et améliorer sa constellation actuelle de 10 appareils d’observation de la Terre. Par paire, ils seront lancés par le futur lanceur Vega-C d’Arianespace en 2020 et 2021, pour ce qui sera son tout premier contrat commercial.

Ce projet est entièrement financé par Airbus, pour une valeur s’approchant des 550 millions d’euros. La nouvelle constellation surpassera en performance et en réactivité les satellites Pléiades 1A et 1B aujourd’hui en service et lancés en 2011 et 2012. Avec Pléiades Neo, le taux de reprogrammation sera cinq fois supérieur à celui des constellations précédentes et le nombre de revisites quotidiennes en tout point du globe sera doublé. Placés sur deux orbites différentes, les deux paires de satellites permettront l’observation deux fois par jour de n’importe quel endroit sur notre planète. D’une fauchée de 14 km et placés à une orbite de 620 km d’altitude, chaque satellite pourra observer un demi-million de km² chaque jour. La résolution sera de 30 cm, alors que la première génération de satellites Pléiades permettait d’obtenir des images à une résolution de 70 cm.

D’un point de vue agricole et environnemental, les Pléiades Neo offrent de nouvelles perspectives très intéressantes. En plus d’accroître la résolution des images obtenues, ils garderont les bandes spectrales déjà utilisées par les Pléiades 1A et 1B et analyseront le « deep blue » ainsi que le « red edge ». La première bande rend possible l’observation sous-marine notamment pour la surveillance des récifs coralliens, des dynamiques des sédiments, des littoraux… La seconde bande permettra de compléter les observations actuelles de la végétation, de son état et de son évolution. La gestion des cultures agricoles par observation satellite s’en trouvera renforcée.

La nouvelle constellation tirera partie de la technologie SpaceDataHighway ou système de transmission de données européen (EDRS), développé dans le cadre d’un partenariat public-privé entre l’Agence Spatiale Européenne (ESA) et Airbus. Ce système permet une réactivité accrue et un transfert de données important. La puissance des terminaux lasers rendra possible les communications à très haut débit (1,8 gigabit/s) et une transmission de 40 téraoctets par jour et en quasi temps réel vers la Terre.

Enfin, les satellites Pléiades Neo seront facilement et rapidement reprogrammables, même en-dehors du champ de visibilité de leur station au sol. Cette caractéristique est un atout remarquable pour répondre aux besoins en images satellites en cas de missions d’urgence, par exemple pour l’évaluation de catastrophes naturelles ou pour des interventions civiles ou militaires.

Pour plus d’informations :

http://www.intelligence-airbusds.com/fr/7948-constellation-pleiades-neo

http://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/observation-terre-airbus-constellation-inedite-satellites-observation-terre-64471/

https://satelliteobservation.wordpress.com/2016/09/15/the-airbus-very-high-resolution-constellation/

https://www.geospatialworld.net/news/airbus-reshape-earth-observation-market-pleiades-neo-constellation/

Commentaires
  • sylvaindrilholle dit :

    Merci pour ce bel article !

    Néanmoins, il est important d’éclaircir certains points qui relèvent plus de l’argument marketing que d’une réalité technologique. La revisite d’un point du globe dépend de plusieurs facteurs :
    – nombre de satellites (bien entendu…)
    – fauchée (14 km, il faut bien avouer que c’est une belle perf pour des images à 30 cm)
    – agilité (le fait de pouvoir dépointer le satellite pour prendre des acquisitions hors de l’axe de rotation du satellite)

    Concernant cette constellation et plus globalement le savoir-faire d’Airbus, nous sommes en plein dans un système très agile (là encore, belle performance !) mais cela signifie que lorsque le satellite dépointe pour acquérir sur une zone, il ne peut pas acquérir une autre zone. Dans ce genre de cas, il se met en place un système de « priority tasking » qui donne la priorité de programmation à des acteurs majeurs (Défense, Institutions européennes, Oil&Gas… bref là où est l’argent !).

    Ce système va donc difficilement offrir de nouvelles perspectives car l’acquisition de ces images pour des besoins agricoles ou environnementaux sera souvent renvoyée aux calendes grecques. A l’heure actuelle, l’acquisition d’une image Pléiade pour un vignoble bordelais peut être repoussée d’un mois (pas très opérationnel si cela tombe par exemple après les vendanges…). C’est d’ailleurs ce genre de discours qui discrédite l’emploi de l’imagerie spatiale dans certains domaines néophytes !

    Aujourd’hui, un seul acteur permet d’assurer l’acquisition de données de manière quasi systématique (dans les zones non nuageuses évidemment..) avec une revisite de tout point du globe : Planet ! Evidemment, ça n’est pas à 30cm car il faudrait un nombre démesuré de satellites (mais beaucoup d’industriels se penchent sur ce projet à l’heure actuelle !) et ça n’est pas agile mais le grand nombre de satellites permet de palier à cette agilité et par conséquent, il n’y a pas de système de priorité, tout est acquis et mis en vente !

    Bref, Pleiades Neo est une très belle suite à Pleiades mais ne révolutionne en rien (ou du moins en peu de choses) le domaine des applications spatiales.

Laisser un commentaire
You must be logged in to comment.