Un dossier sur la professionnalisation de l’usage des drones

Le site www.techniques-ingenieur.fr a publié un dossier intitulé « Drones industriels : peuvent-ils faire redécoller l’économie française ? ».
Outre des articles par secteur d’activité (agriculture, BTP, etc…), l’intérêt de ce dossier est qu’il permet de se questionner sur les freins à l’industrialisation de l’usage des drones, en particulier sur les aspects automatisation du vol et réglementation.
A feuilleter pour suivre l’évolution du secteur.

drone agriculture

http://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/dossier/drones-industriels/

 

La 3D en viticulture : une technologie qui arrive à maturité selon les derniéres recherches

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Images 3D d’un vignoble réalisé à partir d’images de drones (sources Montpellier SupAgro)

Deux articles publiés à quelques semaines d’écart font état de recherches où des mesures 3D issues de drone sont mises en avant dans le domaine de la viticulture.

Le premier article (Pichon et al, 2016) publié dans la revue Oeno-one montre qu’il est tout à fait possible de produire un modéle numérique de terrain de qualité (erreur de l’ordre de 8 cm) avec des produits commerciaux fournis par trois sociétés (Airinov, Aerotec solution, Geofalco). L’article discute la qualité de cette information au regard des applications possibles pour caractériser les parcelles viticoles ou tout un bassin versant. En effet, les drones permettent d’acquérir des informations d’altitudes de qualité avec une très haute résolution spatiale (à condition de bénéficier de points de référence au sol). Cette information permet de répondre à des problématiques que les données ou les chaînes d’acquisition actuelles peuvent difficilement satisfaire que ce soit pour des raisons de précision, de résolution ou de prix. La 3D par drone ouvre ainsi la voie à une meilleure caractérisation du potentiel qualitatif des parcelles grâce à la possibilité de calculer des variables de caractérisation parcellaires telles que la pente, l’altitude, l’exposition, etc.. ). Elle ouvre aussi la voie à une meilleure caractérisation agro-environnementale des bassins viticoles grâce à la possibilité d’identifier l’écoulement de l’eau, la présence de fossés, etc.

Le deuxiéme article (Weiss et Baret, 2017) montre que la 3D permet d’accéder à des informations de caractérisation des parcelles telles que l’orientation des rangs, l’écartement entre les rangs et même la hauteur du palissage avec une erreur de l’ordre de 8 cm. Cette information a été extraite d’informations 3D fournies par la société Airinov. Cet article ouvre là encore des perspectives intéressantes permettant d’envisager des outils pour caractériser les parcelles de vigne à l’échelle d’un bassin de production et même une mesure de la hauteur de la canopée pour des applications en viticulture de précision.

Références :

Pichon, L., Ducanchez, A., Fonta, H., & Tisseyre, B. (2016). Quality of Digital Elevation Models obtained from Unmanned Aerial Vehicles for Precision Viticulture. OENO One, 50(3).
Weiss, M., & Baret, F. (2017). Using 3D Point Clouds Derived from UAV RGB Imagery to Describe Vineyard 3D Macro-Structure. Remote Sensing, 9(2), 111.

 

 

 

Drones : quelle est la réglementation en vigueur dans chaque pays ?

Un site simple et efficace qui recense les réglementations en vigueur pour l’usage des drones dans chaque pays. Une interface bien faite qui permet de cliquer sur une carte ou de saisir le nom du pays en question.

https://www.droneregulations.info/France/FR.html#country-search

Télédétection au service du diagnostic sanitaire des couverts végétaux

Les drones sont des vecteurs de plus en plus employés pour acquérir des images. La plupart du temps utilisés pour visualiser l’hétérogénéité des cultures et moduler les apports en conséquence, ils sont maintenant mis à profit pour effectuer des diagnostics sanitaires du couvert végétal. Récemment, deux entreprises ont été récompensées pour les solutions qu’elles proposent à ce sujet.

La start-up Corvus Monitoring, fondée en 2014 et basée dans le Doubs, a reçu le prix de l’innovation lors de la première édition du salon ForestINNOV. Ce salon, qui s’est déroulé les 24 et 25 novembre à Charnay-lès-Mâcon (Saône-et-Loire), avait pour but de mettre en valeur les innovations et les services pour la filière forestière. Cette start-up est spécialisée dans la modélisation 3D des espaces urbains ou naturels par photogrammétrie à partir d’images acquises par drone. Cela permet notamment de mettre en évidence des arbres malades. Elle travaille actuellement en collaboration avec l’école Polytechnique de Lausanne (Suisse) pour développer des outils qui permettront, entre autre, de cartographier les essences ou d’évaluer le nombre de troncs. Elle travaille notamment sur des capteurs hyperspectraux et des systèmes lidar pouvant être embarqués sur drones.

La start-up Carbon Bee, créée en 2015 et localisée dans la Drôme, s’est distinguée dans la catégorie « Innovation technologique » des Trophées de l’entreprise qui se sont déroulés fin septembre. Ce concours a pour but de valoriser les projets des entreprises des communes de l’agglomération Valence Romans Sud Rhône-Alpes. Elle a également remporté, en août dernier, la première édition du concours « Viticulture et Numérique » de la French Tech Culture. Spectral Vision, le capteur développé par cette dernière, a pour but de détecter les maladies ou le stress de la vigne. Montée sur drone, la caméra hyperspectrale permet de renseigner sur l’état sanitaire d’un vignoble d’un hectare en 3 ou 4 minutes en faisant appel à des algorithmes mathématiques et à l’intelligence artificielle. L’un des principaux objectifs est de détecter la flavescence dorée, véritable fléau provoquant la mort des ceps, avant même que les symptômes soient visibles pour l’œil humain. Cela permet aux viticulteurs d’anticiper les actions à mener. La caméra peut également être embarquée sur un enjambeur. Le système qui était jusqu’à présent en test, va véritablement entrer en commercialisation d’ici peu tandis que d’autres tests vont être effectués prochainement pour détecter d’autres maladies comme l’esca ou l’oïdium et dans le domaine du maraîchage.

Ces starts-up récemment primées montrent qu’il est possible de faire du suivi sanitaire par imagerie aérienne. Cependant ce suivi peut également être effectué par imagerie satellitaire. Depuis l’an dernier, la Caisse de Prévoyance et de Protection des Forêts du Sud-Ouest surveille les foyers de mortalité de Pins maritimes sur la massif des Landes de Gascogne en se basant sur l’analyse d’images satellitaires.

Quelles réglementations pour les drones dans les pays ACP

 

Drone governance: a scan of policies, laws and regulations governing the use of unmanned aerial vehicles (UAVs) in 79 countries

Voilà une initiative qui intéressera les sociétés de drones désireuses d’internationaliser leur activité. Un document qui recense la réglementation sur les drones en vigueur dans 79 états d’Afrique, du pacifique et des caraibes. Il y apparait que 73 % de ces pays ne disposent pas de réglementations sur l’usage des drones.

Résumé : This study assessed the existence of policies, rules and regulations governing the use of ‘unmanned aerial vehicles’ (UAVs) – or drones – in all 79 African, Caribbean and Pacific (ACP) Group countries. The results are quite telling: as of April 2016, 73% of ACP countries did not have any rules or regulations in place; 19% had some regulations in place; and 8% were in the process of formulating them.
The data gathered in the course of the study have been published on a site hosted by The Swiss Foundation for Mine Action (FSD) and are accessible at www.droneregulations.info. CTA hopes that this database will help to increase awareness of the rules and regulations surrounding UAV use, promote their responsible use and help to fully realise their potential in the management of crops, fisheries and other resources.

Le document est disponible ici : http://publications.cta.int/en/publications/publication/1971/

Ça bouge chez les grands acteurs du drone Français

La France Agricole s’intéresse aux mouvements des principaux acteurs du drone en France:

« Delta Drone en partenariat avec Drone Air Fly, Delair-Tech qui rachète Gatewing, Drone agricole qui devient Wanaka et Airinov qui développe une nouvelle offre… Cet automne, le secteur français du drone est en pleine restructuration.

Quasiment tous les poids lourds travaillant sur le drone civil pour l’activité agricole se restructurent. Les services proposés devraient s’en retrouver modifiés. »

Toutes les informations: http://www.lafranceagricole.fr/actualites/drones-les-restructurations-volent-1,0,3154511273.html

Les drones au service de l’agriculture

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source : ICT update

ICT update, le bulletin d’alerte sur l’agriculture, publie un numéro spécial sur les drones au service de l’agriculture. De nombreux billets ont été publiés sur ce théme dans ce blog. Toutefois, ce numéro spécial mérite une attention particulière car il fait un tour du monde des applications possibles du drone avec un focus particulier sur les agricultures asiatiques et africaines, on y découvre des applications potentielles méconnues et particulièrement pertinentes (merci à la lettre de Guy Wakwman pour avoir publié cette ressource).

A consulter à l’adresse : http://ictupdate.cta.int/fr/content/download/37461/293259/file/ICT_Update_Issue_82_FRENCH.pdf

Un drone hélicoptère pour limiter l’éclatement des cerises après une pluie

Le Rmax (yamaha) avait déjà été présenté dans ce blog dans un billet de 2013 : http://www.agrotic.org/blog/pulverisation-de-la-vigne-par-helicopteres-radio-commandes/ . Cet hélicoptères – drone de 64 kg- y était présenté comme une possibilité pour effectuer des traitements aériens en viticulture.

Des chercheurs de l’université de l’état de Washington se sont intéressés à une application originale de ce drône : l’élimination de l’eau de pluie résiduaire sur la frondaison des vergers. Cette application répond à une contrainte importante dans la production de cerises. En effet, lorsque la cerise est à maturité, toute pluie conséquente peut engendrer un éclatement du fruit, ce qui en diminue significativement le prix de vente. Le phénomène s’explique par une absorption brutale d’eau aussi bien par voie racinaire que par la peau des fruits. Afin d’en limiter les effets, une pratique consiste à passer avec un pulvérisateur après la pluie. Le courant d’air généré par le pulvérisateur (à jet porté) permet d’évacuer l’eau de pluie déposée à la surface des feuilles et des fruits. C’est pour remplacer cette pratique, gourmande en énergie et en temps, que les chercheurs ont étudié la possibilité d’utiliser un drone hélicoptère. Les tests ont consisté à mesurer l’effet de l’évacuation de l’eau à différentes vitesse et différentes altitude. Les conclusions montrent que cette solution est efficace (à une altitude de 6 m. au dessus des arbres et un vitesse d’avancement de 3 m.s-1). Reste à tester son rendement énergétique, le coût et le temps d’exécution d’une telle opération.

résumé : Rain-induced fruit cracking causes significant economic loss for fresh market sweet cherry growers annually. To prevent cherry cracking, timely removal of rainwater from fruit is the key. This study evaluated the efficacy of an unmanned middle-size helicopter to remove rainwater from Y-trellised cherry canopies. Helicopter downwash in hover at four altitudes, with and without a payload, was quantified with six anemometers deployed in tree canopies. Results showed that payload and altitude significantly affected hover downwash, which was greater at higher altitude of 7.6 m above ground level (AGL) than lower altitude of 4.9 m AGL with payload. In the absence of payload, hover downwash peaked at the altitude of 6.1 m AGL. In the efficacy study, 5.0-mm rainwater was applied to cherry canopies by a rainfall simulation system, followed by the helicopter flying over canopies at three altitudes (4.9, 5.5 and 6.1 m AGL), two travel speeds (1.3 and 2.7 m s−1) and with or without payload. Rainwater removal at bottom (1.1 m), middle (1.9 m) and top (2.7 m) of the canopies was calculated based on the change of leaf wetness of target canopies in 10 min after rain. Overall, helicopter with payload flying 2.7 m s−1 at 6.1 m AGL removed significantly more rainwater (96.3%) from top section of canopies than groups without treatment (71.2%) and compared to other payload and travel speed conditions. Results also confirmed that the unmanned helicopter could provide sufficient downwash to remove rainwater effectively from bottom and middle canopy sections.

Référence : Zhou, J., Khot, L. R., Peters, T., Whiting, M. D., Zhang, Q., & Granatstein, D. (2016). Efficacy of unmanned helicopter in rainwater removal from cherry canopies. Computers and Electronics in Agriculture, 124, 161-167.

Les cahiers de l’Inra : Mesure et Métrologie pour une recherche innovante et fiable

L’INRA publie réguliérement un cahier thématique qui présente certains dispositifs, expérimentations, recherches, etc.  développés par les équipes de l’INRA.

Le dernier cahier de l’INRA concerne le développement et la mise au point de dispositifs expérimentaux dédiés aux mesures en conditions réelles et contrôlées, ainsi que les logiciels et les systèmes d’acquisition et de traitement de données.

Un article qui intéressera particulièrement la communauté des AgroTIC est consultable à la page 31 : Méthodologie pour l’usage d’un drone de catégorie E pour la détection de la flavescence dorée (Moustafa Kasbari, Benoît Leroux). Le travail présenté consiste à utiliser le drône comme une plateforme de télé-observation (l’interprétation des images est réalisé par un expert et non de manière automatique). Bien que simple, cette approche a été mise en oeuvre sur une parcelle et a permis de montrer l’intérêt du drône pour améliorer la détection de pieds infestés mais aussi pour effectuer plus rapidement (qu’à pied) l’inspection d’une parcelle.

L’ensemble des cahiers est téléchargeable à l’adresse suivante : https://www6.inra.fr/cahier_des_techniques/content/download/4812/48778/version/1/file/Inra_web3.pdf